CLT · Avis Technique · ATEx

Techniques non courantes en construction bois : ce que l’assureur doit savoir

Le bois est le matériau de l’innovation : panneaux CLT, planchers mixtes bois-béton, immeubles de plusieurs niveaux, procédés de façade. Beaucoup de ces solutions n’ont pas de DTU. Pour un bureau d’études bois, savoir ce qui relève d’une technique courante ou non courante conditionne directement la tenue de sa décennale.

Un courtier spécialisé des BET sait quels assureurs acceptent le CLT et les ATEx — devis gratuit

Panneau de bois lamellé-croisé, couches croisées visibles sur la tranche
charpente et ossature : technique courante
DTU
CLT et procédés innovants
Avis Technique
technique non courante à déclarer
ATEx

Technique courante ou non courante : de quoi parle‑t‑on ?

La distinction n’est pas écrite dans le Code civil : elle vient des contrats d’assurance construction, qui garantissent par défaut les techniques dites courantes.

Un assureur construction tarifie un risque qu’il connaît. Il accepte donc sans formalité particulière les ouvrages réalisés selon des règles éprouvées, et demande à être informé — voire à donner son accord — pour tout le reste. Les contrats des bureaux d’études reprennent ce principe : la garantie de base porte sur les techniques courantes, les techniques non courantes doivent être déclarées.

Le classement s’appuie sur les travaux de la Commission Prévention Produits (C2P) de l’Agence Qualité Construction, qui examine les Avis Techniques et les règles professionnelles et peut mettre un procédé « en observation » lorsqu’il présente un risque de sinistralité.

Techniques courantes
Ouvrages conformes aux NF DTU et aux normes NF, aux règles professionnelles acceptées par la C2P, ou réalisés avec des procédés sous Avis Technique ou DTA en cours de validité et non mis en observation.
Techniques non courantes
Procédés sans évaluation technique, sous Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx), sous Avis Technique expiré ou mis en observation, ou employés hors de leur domaine d’emploi.
Conséquence
Une technique non courante doit être déclarée à l’assureur avant le chantier ; il peut l’accepter, appliquer une surprime ou refuser.

Ce qui est courant, et ce qui ne l’est pas, en construction bois

TechniqueRéférentielClassement habituel
Charpente traditionnelle, fermettesNF DTU 31.1 « Charpente en bois », NF DTU 31.3Courante
Maison et bâtiment à ossature boisNF DTU 31.2 « Construction de maisons et bâtiments à ossature en bois »Courante
Poutres et poteaux en lamellé-colléProduit normalisé (NF EN 14080), calcul Eurocode 5Courante
Murs et planchers en panneaux CLTPas de DTU : Avis Technique ou DTACourante si l’avis est valide et non mis en observation
Plancher mixte bois-bétonAvis Technique du système de connexionSelon l’avis du procédé
Procédé innovant sans avis, chantier expérimentalATEx du CSTB, ou rienNon courante

Classement indicatif : seul votre contrat et l’état de l’avis technique au jour du chantier font foi.

Le CLT (bois lamellé-croisé) illustre bien la situation. Le produit est normalisé au niveau européen, mais sa mise en œuvre en mur, plancher ou toiture n’est encadrée par aucun DTU : chaque fabricant fait évaluer son système, et c’est l’Avis Technique ou le Document Technique d’Application délivré par le CSTB qui fixe le domaine d’emploi, les dispositions de calcul et les détails d’exécution. Tant que le BET reste dans ce cadre, le CLT est traité comme une technique courante.

Le piège tient aux détails : un avis arrivé à expiration en cours de projet, un procédé utilisé au-delà de la hauteur ou de l’exposition prévues, un panneau d’un fabricant substitué par celui d’un autre en cours de chantier. Chacun de ces écarts peut faire basculer l’ouvrage dans la technique non courante.

Immeuble ancien surélevé par un étage neuf en ossature bois

CLT, ATEx, surélévation : faites-les figurer au contrat

Un courtier spécialisé des BET présente vos procédés aux assureurs qui les connaissent, avant le chantier et pas après la réclamation.

  • Courtier spécialisé des BET
  • 100 % gratuit
Obtenir mon devis gratuit

L’ATEx : innover sans perdre sa garantie

Appréciation Technique d’Expérimentation

L’ATEx est une procédure d’évaluation rapide du CSTB, destinée à un procédé ou à un chantier innovant qui ne dispose pas encore d’Avis Technique. Un comité d’experts émet un avis favorable ou défavorable, éventuellement assorti de conditions. Un avis favorable rassure l’assureur et le contrôleur technique, mais ne transforme pas le procédé en technique courante.

Pour un bureau d’études bois, l’ATEx se rencontre sur les opérations démonstratrices : immeuble bois de grande hauteur, assemblages collés réalisés sur chantier, structures en bois local non classé, systèmes de façade nouveaux. Le BET y joue souvent un rôle moteur, puisque c’est lui qui justifie le comportement mécanique devant le comité. Son exposition est d’autant plus forte.

La démarche prudente : prévenir l’assureur dès la phase de conception, transmettre l’avis ATEx dès qu’il est rendu, obtenir une confirmation écrite de garantie pour l’opération, et vérifier que le maître d’ouvrage a informé son propre assureur dommages-ouvrage.

Le devoir de conseil du BET

Prescrire un procédé non courant sans en informer le maître d’ouvrage expose à un reproche de manquement au devoir de conseil. Écrivez-le : nature du procédé, absence de DTU, avis obtenu, conséquences assurantielles. Cette trace écrite est précieuse en expertise.

Comment déclarer une technique non courante à son assureur

  1. 1
    Identifiez le procédé dès l’avant-projet

    Nom du système, fabricant, référence de l’Avis Technique, du DTA ou de l’ATEx, domaine d’emploi visé.

  2. 2
    Vérifiez la validité au jour du chantier

    Date de fin de validité, éventuelle mise en observation par la C2P, conformité de l’emploi prévu au domaine de l’avis.

  3. 3
    Prévenez l’assureur par écrit

    Avant de signer la mission ou, au plus tard, avant l’ouverture du chantier. Joignez les documents techniques.

  4. 4
    Obtenez une réponse écrite

    Acceptation, surprime ou refus : la réponse conditionne la suite. Un silence n’est pas une acceptation.

  5. 5
    Archivez le tout

    Votre responsabilité court dix ans après la réception : gardez la déclaration, la réponse et la version de l’avis applicable.

Que se passe-t-il en cas d’oubli ? Tout dépend de la rédaction du contrat. Une technique non déclarée peut être considérée comme hors du champ de l’activité garantie, ou comme une aggravation de risque non déclarée : dans ce second cas, si l’omission est de bonne foi, l’indemnité est réduite à proportion de la prime qui aurait dû être payée (art. L113-9 C. assur.). Dans les deux cas, le reste du sinistre est à votre charge.

Feu et acoustique : deux exigences qui rattrapent le bois

Même en technique courante, deux exigences du bâtiment engagent fortement le bureau d’études bois. La résistance au feu d’abord : poutres, poteaux et panneaux se dimensionnent aussi en situation d’incendie (Eurocode 5, partie 1-2), en tenant compte de la vitesse de carbonisation et de la protection des assemblages métalliques. Les façades bois des bâtiments collectifs obéissent par ailleurs à des règles de propagation du feu qu’il faut intégrer dès la conception.

L’acoustique ensuite : un plancher bois est léger, il transmet facilement les bruits de choc. Dans les logements neufs, les exigences de la réglementation acoustique s’appliquent au bois comme au béton. Un isolement insuffisant entre deux logements peut rendre l’ouvrage impropre à sa destination et relever de la décennale.

Cas concret

Résidence étudiante en CLT : le système de plancher retenu par le BET, sans chape flottante désolidarisée, ne permet pas d’atteindre l’isolement aux bruits de choc exigé. Les mesures de fin de chantier sont mauvaises, les plaintes arrivent dès la première année. Ajout de chapes et de faux plafonds dans quarante chambres : la décennale est mobilisée, et le BET supporte une part importante de la reprise.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur les techniques non courantes en bois

Le CLT est-il une technique non courante ?
Pas nécessairement. Sans DTU, il est mis en œuvre sous Avis Technique ou DTA : tant que l’avis est valide, non mis en observation et respecté, il est généralement traité comme une technique courante.
Qu’est-ce qu’une ATEx ?
Une Appréciation Technique d’Expérimentation délivrée par le CSTB pour un procédé ou un chantier innovant sans Avis Technique. Elle facilite l’assurance mais reste une technique non courante à déclarer.
Que risque-t-on à ne pas déclarer une technique non courante ?
Un refus de garantie ou une indemnité réduite (art. L113-9 C. assur. en cas d’omission de bonne foi). Le solde du sinistre reste à votre charge.
Qui vérifie la validité de l’Avis Technique ?
Le BET qui prescrit le procédé, mais aussi l’entreprise et le contrôleur technique. Vérifiez la date de validité au moment de la conception et à l’ouverture du chantier.
Pour aller plus loin

Pour aller plus loin

Un contrat qui couvre vos techniques réelles

Du DTU au CLT et à l’ATEx : chaque technique déclarée, chaque risque couvert.

  • 100 % gratuit
  • Sans engagement
  • Réponse sous 24 h